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La Fibre

Éline Dussart, La Fibre « Le challenge continue »

 

À l'ère du confinement, la jeune association La Fibre, qui favorise le réemploi de déchets matériels, a lancé un challenge très créatif nommé Wilson.

Vous vous souvenez de l'objet fétiche qui tient lieu de compagnon à Tom Hanks dans Seul au monde  ? Inspirée par le fameux ballon, la jeune designer Éline Dussart et l'association qu'elle fonde en 2019 embarquent les internautes confinés dans un joli défi : fabriquer son propre "Wilson" avec les moyens du bord, autrement dit créer un objet avec ce que l'on a sous la main dans son lieu de confinement. Le photographier et poster l'image sur la page Facebook de La Fibre.  

Si l'idée est originale, elle porte aussi des valeurs bien en phase avec celles de l'association et de ses 10 membres bénévoles. Éline Dussart, fondatrice et coordinatrice de La Fibre, explique.

 

Qu'est-ce qui a motivé  le challenge My Wilson ?

Éline Dussart : Une enseignante chercheuse en design investie dans notre équipe avait des retours sur les impacts psychologiques du confinement en Italie et en Chine. Alors, au moment du confinement en France, nous avons voulu continuer à stimuler la créativité des gens, même si nous ne pouvions plus accéder à notre atelier. My Wilson, c'est l'image d'un ami qui vous tient compagnie, comme dans le film, mais en plus ludique, dans un esprit déco.

Lorsque nous avons lancé le challenge, nous avons fait marcher nos réseaux pour créer une dynamique autour des internautes. Nous avons incité des designers en France et dans le monde entier à participer. Beaucoup d'écoles ont répondu, comme par exemple l'Université de Nîmes, l'École de Condé à Lyon, l'Institut Supérieur des Beaux-Arts de Tunis ou encore l'Université de Rio.

 

Apparemment les gens ont bien joué le jeu…

É.D. : Oui, à chaque réception de photo cela a été une surprise, un peu comme si on entrait dans l'intimité des gens. Il y a toute sorte d'objets rigolos, un marteau stylo, des luminaires ou encore des personnages en carton.

Une personne qui n'avait plus de papier chez elle, en a réalisé elle-même avec des cheveux et de la colle faite maison. Une autre a fabriqué un rideau avec des photos argentiques qu'elle avait développées en double et qu'elle ne voulait pas gaspiller. Elle a nous a demandé de mener son challenge sur quarante jours, car ce que l'on crée soi-même en confinement est un peu comme un journal de bord. À l'origine, My Wilson devait durer sept jours, mais nous l'avons prolongé peu à peu.

Tout cela montre que les matériaux récupérés forment une véritable ressource. On peut avoir confiance en eux, ils ont une valeur esthétique. On n'est pas toujours obligé d'acheter du neuf,  c'est aussi ce que nous essayons de faire passer au public dans nos ateliers de sensibilisation.

 

Envisagez-vous une suite au challenge My Wilson ?

La phase de déconfinement sera progressive, alors nous pensons aux plus fragiles, et notamment aux résidents des EHPAD, qui resteront certainement isolés. Nous voulons leur apporter un peu de joie, un peu de lumière, tout en respectant les consignes de sécurité. L'idée est aussi de montrer aux personnels, souvent débordés, qu'ils ne sont pas seuls. Nous pensions intervenir à distance, au moyen d'applications en ligne, mais tout le monde ne possède pas de tablettes. De plus, une majorité de personnes âgées ne supporte pas de voir son image sur écran. C'est pourquoi nous envisageons plutôt de travailler sur quelque chose qui reste, comme par exemple une box avec des portraits que les résidents pourraient accrocher aux murs de leur chambre, après une petite cérémonie d'ouverture des boîtes…

Cependant, nous sommes encore en phase de recherche, et nous pensons intégrer un appel à projet mondial mis en œuvre par deux universitaires basés à la Northeastern University de Boston.  Pour nous, le challenge ne sera jamais fini !

 

Dans la vraie vie, La Fibre récupère des chutes de bois, des fragments de décors et autres matériaux destinés à être jetés en fin de festivals ou d'expositions. Ces matériaux bruts, qui forment une matière première de qualité, sont remis dans un circuit de distribution à destination de tous les créateurs, professionnels ou amateurs. La Fibre s'inscrit ainsi dans une dynamique d'économie circulaire et se consacre également à la sensibilisation en milieu scolaire, en centres sociaux et en centres de détention. Elle anime de nombreux ateliers participatifs où la matière de seconde main n’est plus un frein à la création mais son essence. 

 

Retrouvez La Fibre et les objets réalisés dans le cadre de My Wilson sur Facebook : La Fibre

Vous pouvez visionner le Wilson réalisé par La Fibre, qui s'est également prêtée au challenge : https://www.youtube.com/watch?v=6QQeKe68Ahc

 

 

 

Dernière mise à jour le 05.05.2020

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