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IRT M2P « Une machine à projets »

Retrouvez ici la version longue du portrait réalisé dans le Mag' n°87

Catégorie(s) : Le mag'

L'Institut de recherche technologique, matériaux, métallurgie et procédés (IRT M2P) conduit des projets en collaboration directe avec des PME, des groupes industriels et des laboratoires de recherche académiques. Son site principal est implanté au sein du campus matériaux sur le Technopole à Metz.

Véritable îlot industriel dédié à la R&D (Recherche et Développement), l'IRT M2P n'est ni une école, ni un laboratoire, mais plutôt un lieu de convergence entre un potentiel technologique élevé et des demandes de l'industrie. « Nous partons des besoins des entreprises, c'est notre spécificité », explique Christophe Milliere, directeur général de l'institut qu'il a développé depuis 2013 avec, au démarrage, une poignée d'ingénieurs aussi opiniâtres que lui.

Sur les plateformes de l'IRT M2P, robots d’assemblage, fours de thermochimie et autres machines ont été conçus et fabriqués pour des projets de recherche spécifiques, dans les domaines des industries aéronautique, navale, automobile ou encore ferroviaire. « Nous avons investi 25 millions d'euros dans des équipements de dimension industrielle », précise le directeur général. « Nos équipements préfigurent ceux des usines du futur, commente Stéphane Poinsot, directeur stratégie et développement de l'institut, mais avec leurs capteurs et systèmes de contrôle, ils sont instrumentés pour la recherche technologique. »

Challenges technologiques

Inventer des procédés qui transforment et renforcent les matériaux, diminuer radicalement le temps de fabrication d'une pièce, comme cette structure de portière de voiture composée notamment de résines et de fibres de carbone, et pour laquelle il a fallu, entre autres opérations, « optimiser la chimie de la résine, la conception des outillages, la synchronisation des mouvements des robots, de la presse, de la machine d’injection, etc. Dans cette réalisation figure justement toute la filière industrielle du domaine des matériaux composites, relate Christophe Milliere. On a fait travailler ensemble le donneur d'ordre automobile, l'outilleur, le fabricant de presse, le formulateur de résines, le fournisseur de renforts fibreux, etc. », énumère-t-il.

Les challenges que doivent relever les ingénieurs, docteurs et techniciens réunis à l'IRT M2P permettent de maturer les technologies avant leur industrialisation. Ces challenges répondent souvent à des besoins communs à plusieurs industries. La mutualisation de projets entre industriels apparaît ainsi comme une solution rationnelle pour financer des programmes coûteux. Le directeur général rappelle au passage que l'IRT M2P fonctionne comme une entreprise : « Nous constituons nous-mêmes notre portefeuille d'affaires. Pour un euro public [financements d'État dans le cadre du Plan investissement avenir], il faut d’abord un euro investi par un industriel. »

Souvent les programmes de recherche demandent une compréhension scientifique telle que les laboratoires académiques, comme le LEM 3, voisin sur le Technopole, y sont associés. Les travaux de recherche fondamentale sont ensuite portés au stade de l'application industrielle par les équipes de l'IRT M2P.

« Ce qui sort d'un laboratoire n'est souvent pas assez mur pour être transposé directement sur des installations industrielles », explique encore Christophe Milliere, qui illustre son propos en évoquant des travaux sur des solutions de chromage plus respectueuses de l’environnement menés en laboratoire sur une petite surface, que l'on est ensuite amené à porter, par exemple, à l'échelle d’un train d'atterrissage d'avion. « Le changement d'échelle suppose un certain nombre d'étapes intermédiaires à gérer, précise-t-il, de telle sorte que lorsque l'industriel implémente sa ligne de traitements de surface, cela fonctionne. »

Les PME concernées aussi

Si l'IRT M2P travaille avec de grands groupes industriels, comme Arcelor Mittal, Arkema, PSA, Renault ou encore Safran, les PME sont concernées par des travaux en sous-traitance. Elles représentent 35 % des partenaires de l'IRT M2P et initient également directement des projets avec l'institut, « des développements sur quelques mois, à plus petite échelle », commente Stéphane Poinsot.  Et Christophe Milliere de conclure : « Nos équipements sont accessibles à tout industriel. On est une machine à projets. »

 

Plus d'informations irt-m2p.fr

L'IRT M2P est impliqué dans l'organisation d'un congrès sur les procédés de finition des pièces issues de fabrications additives, qui aura lieu les 10 et 11 décembre 2019 au Centre Metz Congrès Robert Schuman.

Quatre sites pour de nombreuses collaborations

Au-delà du campus messin, l'IRT M2P s'appuie sur trois sites annexes en région Grand Est : Porcelette, Duppigheim et Uckange. Plus de 30 projets ont été lancés par l'institut depuis sa création, mettant en synergie 130 partenaires, pour un budget global de 100 millions d'euros. L'IRT M2P emploie quelque 80 salariés sur le bassin Grand Est, dont 40 % d'ingénieurs, 30 % de docteurs et 20 % de techniciens.

Dernière mise à jour : 07/11/2019

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